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Congé paternité : un pas dans le bon sens, oui, mais pas le dernier !

À quoi joue donc la majorité bourgeoise du Parlement fédéral ? On hésite entre le « hâte-toi lentement » ou la guerre de retard. Dans tous les cas, c’est regrettable. Explications.

Le 27 septembre, le peuple se prononcera sur le principe d’un congé paternité de dix jours (équivalant donc à deux semaines travaillées). L’initiative populaire « Pour un congé paternité raisonnable – en faveur de toute la famille » que nous avions soutenue en visait initialement vingt. Face à un soutien populaire qui n’est plus à démontrer, une majorité du Parlement est entrée en matière mais en réduisant au passage le congé de moitié. Le comité d’initiative a accepté le compromis à dix jours afin qu’il se réalise rapidement. Suite à quoi, une minorité de la majorité de droite y a néanmoins opposé un référendum pour remettre en question cette avancée.

Nous voterons donc en septembre et si cela retarde l’entrée en vigueur, espérons que cette votation permettra de consacrer le soutien de la population en faveur du congé paternité. Concrètement, cela fera passer pour tous le congé minimal de 1 jour actuellement (!) à 10. Rappelons que le congé paternité est un pas important vers un modèle plus égalitaire, où la famille est l’affaire commune des deux parents et où le partage des responsabilités s’équilibre toujours plus. Le financement assuré par l’allocation pour perte de gain (APG), en analogie avec le congé maternité, est raisonnable, équitable et ne mettra en danger ni les finances publiques ni l’économie suisse. Enfin, cette solution profitera à tous les salarié∙e∙s puisque pour l’heure, la situation peut grandement différer selon l’employeur[1]. 

La proposition sur laquelle nous voterons fera une différence, sans faire la différence. Au vu des enjeux et afin de dégager un nouveau modèle plus égalitaire et plus bénéfique pour tous (enfants, parents et société dans son ensemble), dix jours restent un maigre rattrapage. Sur cette question, la Suisse passera de la Préhistoire au Moyen Âge, mais restera dans l’attente des Temps modernes. Le chemin est encore long vers un véritable congé parental qui se compte en mois et non en jours, comme le connaissent notamment les pays scandinaves.

Sans se faire au détriment du congé maternité, un vrai congé parental prolongé aurait l’avantage de rebattre les cartes de la conciliation vie familiale-vie professionnelle en offrant une flexibilité et de réelles alternatives pour les parents. En cette année où le thème de l’égalité s’est imposé et où tous les espoirs sont ravivés, c’est aussi l’occasion de se souvenir que le congé maternité a lui-même été le fruit d’un long combat, mené avec une persévérance et une conviction admirables.

Au soir du 27 septembre, gageons que la situation s’améliorera en Suisse avec un grand oui dans les urnes, mais elle restera malheureusement encore insatisfaisante. Sur ce volet, comme sur bien d’autres, la lutte en faveur d’une société plus juste et plus égalitaire devra se poursuivre afin d’élaborer un vrai modèle : ambitieux, progressiste et durable.

Mobilisons-nous. Remportons cette bataille. Savourons-la. Mais préparons-nous ensuite sans relâche aux suivantes. Cette cause en vaut tellement la peine.

[1] Grâce à l’engagement des élu∙e∙s socialistes, le congé paternité de vingt jours est ainsi déjà une réalité depuis plus d’une année dans la fonction publique neuchâteloise. Notons également que certaines entreprises proposent un congé paternité encore plus long, de leur propre initiative.

Congé paternité : un pas dans le bon sens, oui, mais pas le dernier !

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