Chères et chers camarades, vous nous avez porté·es par acclamation à la coprésidence du PSN pour les deux ans à venir, lors du congrès statutaire de Travers le 9 mai dernier, qui restera spécialement inscrit dans nos mémoires. Nous vous remercions pour votre confiance et nous nous sommes d’ores et déjà mis au travail !
Succéder à Romain est à la fois une chance et un défi. Une chance parce qu’il nous laisse un parti en bon état de marche et un défi parce que la pérennisation de cet état de choses nous incombe largement désormais. Nous sommes persuadé·es que cette dynamique positive du parti résulte d’une stratégie et d’un positionnement qui ont su rester clairs et fortement ancrés dans nos valeurs fondamentales de gauche. Nous, socialistes, faisons de la politique pour défendre une vision de la société plus juste socialement et fiscalement. Nous croyons à la possibilité d’une société plus égalitaire et continuons de dénoncer un capitalisme socialement et écologiquement désastreux.
Romain incarnait le parti avec le visage de la jeunesse, des yeux pétillants, un sourire chaleureux et une parole vraie et engagée. Vous avez maintenant devant vous deux visages ouverts, quatre yeux et deux sourires qui incarnent deux âges de la vie où l’on est réputé avoir du temps : celui des études et celui de la retraite !
Pour la première fois de son histoire, le PSN s’est doté d’une coprésidence et cela nous oblige. Nous pensons que ce format permettra de nous répartir les tâches selon nos compétences et nos intérêts, mais aussi d’incarner à deux une fonction, grâce au téléphone rouge jamais éteint entre nous. Avec la vice-présidence, nous sommes désormais quatre camarades sur la plateforme présidentielle du PSN, montrant l’importance du collectif au sein de notre parti.
Nous sommes à un moment de notre parcours politique où nous avons la capacité mais surtout la motivation nécessaire pour nous mettre à disposition du PSN, dans le contexte de la montée des extrêmes-droites, empreintes de xénophobie, de racisme et de violence, qui n’hésitent pas à piétiner le droit international et les valeurs démocratiques. Nous sommes convaincu·es que le canton de Neuchâtel montre qu’il est possible d’avoir une majorité de gauche au milieu d’un océan de gouvernements de droite. Et nous devons continuer de le démontrer.
Pour ce faire, nous avons dégagé 5 objectifs sur lesquels nous désirons travailler.
Le premier est une évidence : il s’agit de tout mettre en œuvre pour maintenir et assurer un PSN fort dans les instances cantonales et fédérales. Notre parti est actuellement très bien placé au sein du Grand Conseil et des chambres fédérales, avec des résultats historiques lors des élections précédentes : l’élection de Martine Docourt et Baptiste Hurni à Berne en 2023, de Florence Nater et Frédéric Mairy, au premier tour, au Conseil d’État en 2025 et, last but not least, le meilleur résultat PSN au Grand Conseil depuis 1953, avec un gain de six sièges. Nous avons cette tâche collective d’essayer de maintenir et d’augmenter la présence des socialistes dans ces différentes instances pour défendre, mettre en œuvre et développer notre vision politique. La belle santé de notre parti, la pertinence de nos thématiques, notre ligne claire et la qualité des candidatures de nos camarades expliquent ces réussites. Nous tâcherons d’être à la hauteur des résultats précédents et sommes extrêmement motivé·es à travailler pour ce faire à vos côtés, en commençant par les élections fédérales de 2027.
La gauche gagne quand elle est unie et la maintenir ainsi est également pour nous une priorité. Avec nos ami·es popistes et Vert·es, nos avis peuvent parfois diverger ; nous n’en restons pas moins convaincu·es qu’il faut maintenir cette union gagnante autant que possible, au-delà des rares frictions qu’elle peut parfois engendrer. Que ce soient pour des votations ou des élections, les campagnes communes passées ont démontré qu’elles fonctionnent et que nous arrivons à défendre efficacement les valeurs qui nous sont communes.
Le troisième objectif que nous serions ravi·es de pouvoir mettre en œuvre est d’augmenter le nombre de membres du PSN, dans la continuité des réflexions initiées récemment. Nous sommes persuadé·es que nos thématiques et la qualité du travail des sections aux quatre coins du canton peuvent permettre d’augmenter le nombre de camarades. Plus il y a de camarades présent·es à nos congrès, sur nos stands, sur les listes, pour tracter, pour assister aux différents évènements qu’il organise, plus le parti est dynamique et les idées nombreuses. Nous sommes dès lors ouverts à toutes vos propositions en la matière, dans l’esprit du processus participatif actuel que nous désirons poursuivre.
Notre quatrième objectif consiste à tenter de renforcer quelque peu le lien entre le PSN et le PS Suisse. Dans notre système fédéral, la distance entre les niveaux fédéral et cantonal est parfois bien grande. Traditionnellement, c’est au PS Suisse que revient le lead pour lancer les grandes thématiques de la gauche. La défense des ouvriers et ouvrières salariées, l’internationalisme, l’État social, l’égalité homme-femme… Ces idées, présentes dès les débuts du socialisme, continuent de nous animer. Si le niveau cantonal a également nombre de prérogatives, nous pensons qu’il est possible d’allier parfois les thématiques locales aux grandes idées fédérales, en débattant de certains papiers de position du PSS et en proposant le cas échéant des positions neuchâteloises en congrès.
Finalement, notre cinquième objectif est de continuer à renforcer la présence des femmes dans les instances du parti. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans toutes les sphères d’activité de la société. Cependant, nous vivons encore dans des structures patriarcales qui, si elles n’apparaissent plus au grand jour, continuent de s’exercer à bas bruit, parfois de manière inconsciente. Suis-je légitime ? Vais-je y arriver ? N’y a-t-il pas quelqu’un de mieux placé que moi pour exercer cette responsabilité ? Les femmes se posent plus souvent ces questions que les hommes. Nous sommes donc convaincu·es qu’il faut continuer à prêter attention à une représentation égalitaire dans les instances du PSN, afin d’assurer un parti et une relève paritaires.
Voici les quelques mots introductifs que nous souhaitions vous transmettre en ce début de mandat. Nous sommes évidemment convaincu·es qu’une présidence n’est rien seule, ce pourquoi nous restons humbles. Nous désirons travailler avec toutes les instances de notre parti pour tenter de mettre en place ces objectifs et pour maintenir le PSN sur sa belle lancée actuelle. Nous restons bien entendu à votre disposition pour échanger sur nos idées ou sur tout autre sujet si vous le désirez, le parti est petit, vous pouvez facilement nous contacter !
Ernst Bloch a dit que l’histoire consiste à se souvenir de ce qui nous reste à faire, alors souvenons-nous de nos valeurs et au travail !