Le 8 mars 2026, est soumise au vote l’initiative populaire « Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou de billets (l’argent liquide, c’est la liberté) ».
Un menu composé d’un projet et d’un contre-projet plus une question subsidiaire
La procédure de vote comprend l’approbation ou le rejet des projets et, en question subsidiaire, la préférence en cas d’acceptation des deux par le peuple et les cantons. Un contre-projet direct, sous forme d’arrêté fédéral sur la monnaie suisse et l’approvisionnement en numéraire, est opposé à l’initiative portée par des milieux souverainistes.
Argumentaire contre l’initiative
Il est à noter d’une part que le texte de l’initiative ne tient pas compte du cadre légal existant. En effet, la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP) fixe déjà l’unité monétaire nationale, les moyens de paiement et l’obligation d’accepter des espèces. D’autre part, inscrire dans la Constitution que tout projet de « remplacement du franc suisse par une autre monnaie est soumis au vote du peuple et des cantons » introduirait une rigidité excessive et pouvant, à l’avenir, fragiliser la capacité d’adaptation du système monétaire suisse.
Argumentaire pour le contre-projet
Cependant, l’inscription dans la Constitution n’est pas remise en question par le Conseil fédéral. La modification proposée entérine le franc comme monnaie suisse et garantit l’approvisionnement en numéraire.
Aujourd’hui encore, 36 % des paiements en Suisse se font en espèces. Seulement, diraient certains. Pour beaucoup, cependant, l’argent liquide représente plus qu’un simple moyen de paiement : c’est un espace de liberté et de contrôle sur ses dépenses.
L’argent liquide : un outil d’inclusion
La disparition progressive des espèces pourrait exclure certaines personnes :
Préserver l’argent liquide, c’est garantir l’accès de toutes et tous à des moyens de paiement autonomes, et éviter que certaines populations soient laissées pour compte. C’est garantir l’inclusion sociale, face à une numérisation totale qui exclurait les plus vulnérables.
L’argent liquide : une assurance en cas de crise
L’été dernier, nos voisins espagnols ont connu une coupure de courant massive. Une cyberattaque pourrait tout aussi bien paralyser les paiements numériques. Dans ce contexte, le maintien de l’argent liquide n’est pas un luxe : c’est une assurance pour l’autonomie et la sécurité de chacun, même en cas de crise.
Pour le Parti socialiste suisse
Pour notre parti, le soutien au contre-projet direct est une question de cohérence, une position logique, conforme à nos valeurs.
Nous défendons :
Le contre-projet permet de préserver la liberté individuelle, l’égalité d’accès et la résilience collective, tout en répondant aux exigences du système monétaire suisse.
L’argent liquide ne s’évaporera pas
Le 8 mars, voter non à l’initiative et oui au contre-projet direct, c’est choisir la liberté de chacun et chacune, la sécurité de toutes et tous, une liberté concrète et partagée, une sécurité collective renforcée, une numérisation qui n’exclut personne.